Assurance perte de gain en Suisse : guide complet salarié et indépendant
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En Suisse, tomber malade ne garantit pas d’être indemnisé. L’assurance perte de gain couvre la perte de revenu liée à une incapacité de travail, mais le système est fragmenté entre deux réalités distinctes qu’il est essentiel de ne pas confondre : la LAPG (allocations légales pour maternité, paternité et service militaire, via l’AVS) et l’assurance perte de gain maladie (indemnités journalières LAMal ou LCA, non obligatoires).
Pour les indépendants, le risque est majeur : aucune couverture n’existe automatiquement contre la maladie. Sans assurance indemnités journalières, le revenu s’interrompt dès le premier jour d’arrêt, pendant que les charges fixes continuent de courir. En Suisse romande, de nombreux indépendants, professions libérales et petits entrepreneurs à Genève, Vaud, Fribourg, Valais, Neuchâtel ou Jura se retrouvent dans cette situation sans en avoir conscience.
Pour les salariés, la protection légale minimale (CO Art. 324a) ne garantit le salaire que quelques semaines. Sans contrat collectif LCA souscrit par l’employeur, la couverture peut s’avérer insuffisante dès qu’un arrêt dépasse 3 semaines. Certaines CCT imposent des protections plus étendues : vérifier son contrat de travail est indispensable.
Ce guide explique chaque mécanisme, compare LAMal et LCA, chiffre les lacunes réelles et vous aide à identifier votre situation. Un conseiller AFA peut analyser votre couverture selon votre statut, votre canton et vos charges fixes.
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Réponse courte
L’assurance perte de gain maladie n’est pas obligatoire en Suisse pour les salariés (sauf convention collective) et inexistante par défaut pour les indépendants. La LAPG couvre uniquement la maternité, la paternité et le service militaire via l’AVS. Pour la maladie, une assurance indemnités journalières LAMal Art. 67 ou LCA est nécessaire selon le statut et l’état de santé.
Assurance perte de gain en 30 secondes
| Question | Réponse courte | Point à vérifier |
|---|---|---|
| APG maladie obligatoire pour salariés ? | Non (sauf CCT) | Contrat de travail et CCT applicable |
| APG maladie obligatoire pour indépendants ? | Non, couverture 0 % sans assurance | Souscrire LAMal Art. 67 ou LCA |
| Allocations maternité (LAPG) ? | 80 % du revenu, max CHF 220/jour, 98 jours | Conditions AVS remplies (9 mois assurée) |
| Allocations paternité (LAPG) ? | 80 % du revenu, max CHF 220/jour, 10 jours ouvrés | A prendre dans les 6 mois suivant la naissance |
| Indemnité journalière LCA standard ? | 80 % du salaire, 720 jours sur 900 | Délai d’attente et exclusions du contrat |
| Délai d’attente (indépendants) ? | 14, 30, 60 ou 90 jours selon contrat | Cohérence avec la trésorerie disponible |
| Cotisation LAPG (salariés) ? | 0,45 % du salaire brut partagé avec employeur | Visible sur la fiche de salaire (déduction AVS) |
| Loi applicable ? | LAPG (RS 834.1) pour allocations ; LAMal Art. 67-77 ou LCA pour maladie | Fedlex, OFAS |
La couverture contre la perte de gain maladie n’est pas automatique pour tous. Les salariés peuvent bénéficier d’un contrat collectif LCA si leur employeur en a souscrit un. Les indépendants ne disposent d’aucune protection automatique et doivent souscrire une assurance individuelle.
| Situation | Couverture automatique ? | Solution à vérifier | Risque principal |
|---|---|---|---|
| Salarié avec contrat collectif APG (LCA) | Oui (80 %, 720 j) | Vérifier durée et délai d’attente | Lacune si durée < 720 jours |
| Salarié sans contrat collectif APG | Limitée (CO Art. 324a) | Vérifier contrat de travail et CCT | Revenus stoppés après quelques semaines |
| Indépendant | Non | LAMal Art. 67 ou contrat LCA | Aucune indemnité dès J+1 sans assurance |
| Femme enceinte / congé maternité | LAPG (80 %, CHF 220/j, 98 j) | Vérifier conditions AVS remplies | Plafond CHF 220/j si revenu élevé |
| Père / congé paternité | LAPG (80 %, CHF 220/j, 10 j) | Vérifier filiation reconnue | Durée limitée à 10 jours ouvrables |
| Personne entre deux emplois | Non | Assurance individuelle LAMal Art. 67 | Rupture de couverture collective |
Sources : LAPG RS 834.1 ; CO Art. 324a ; LAMal Art. 67-77 (RS 832.10) ; OFAS 2026
Sommaire
En 2026, plusieurs ajustements touchent le système des prestations perte de gain en Suisse. Le montant maximum des allocations LAPG reste plafonné à CHF 220 par jour, correspondant à un revenu annuel de CHF 88’000. Ce plafond, inchangé depuis 2023, ne suit pas l’évolution des salaires médians suisses (source : OFAS, 2026).
Le seuil d’entrée dans le 2ème pilier (LPP) est fixé à CHF 22’050 annuels en 2026, ce qui signifie que les personnes en dessous de ce seuil ne bénéficient pas non plus de la couverture invalidité LPP et doivent veiller à leur propre couverture APG maladie. Du côté des primes d’assurance maladie obligatoire LAMal, la hausse moyenne de 4,4 % en 2026 rend d’autant plus important le choix d’une couverture APG adaptée (source : OFSP).
L’assurance perte de gain (APG) est un terme générique qui désigne tout mécanisme compensant la perte de revenu liée à une incapacité temporaire de travailler. En Suisse, le terme recouvre deux réalités distinctes :
1. Les allocations LAPG (Loi fédérale sur les allocations pour perte de gain, RS 834.1) couvrent le service militaire, la maternité et la paternité. Elles sont financées par un prélèvement sur les salaires, gérées via les caisses AVS, et versées à pratiquement toute personne active en Suisse remplissant les conditions d’assurance AVS.
2. Les indemnités journalières maladie couvrent la perte de revenu en cas d’arrêt de travail pour raison de santé. Elles ne sont pas obligatoires pour l’ensemble des salariés et ne sont pas garanties aux indépendants sans assurance privée. Elles peuvent être souscrites sous la forme d’une assurance maladie optionnelle LAMal (Art. 67-77) ou d’une assurance privée (LCA).
Quelle est la différence entre LAPG et assurance perte de gain maladie ?
La LAPG couvre les pertes de revenu liées au service militaire, à la maternité et à la paternité via une cotisation obligatoire de 0,45 % du salaire. Elle ne couvre pas la maladie. L’assurance perte de gain maladie (LAMal Art. 67 ou LCA) est distincte, facultative pour la plupart des salariés et inexistante par défaut pour les indépendants.
La LAPG est financée par une cotisation de 0,45 % du salaire brut, partagée à parts égales entre l’employeur et le salarié (0,225 % chacun), prélevée en même temps que les cotisations AVS (source : OFAS, 2026).
Allocations de maternité : toute femme salariée ou indépendante assurée à l’AVS pendant les 9 mois précédant l’accouchement et ayant exercé une activité lucrative pendant au moins 5 mois a droit à 80 % du revenu moyen, plafonné à CHF 220/jour, pendant 98 jours calendaires (source : LAPG Art. 16b-16h).
Allocations de paternité : depuis le 1er janvier 2021, les pères reconnus ont droit à 2 semaines (10 jours ouvrés) dans les 6 mois suivant la naissance, à 80 % du revenu, plafonné à CHF 220/jour (source : LAPG Art. 16i-16n).
Service militaire et protection civile : les allocations varient selon la situation personnelle (avec ou sans enfants, durée du service) et sont versées via la caisse de compensation AVS.
Que doit vérifier un salarié dans son contrat de travail ?
Un salarié doit vérifier si son employeur a conclu un contrat collectif LCA (indemnités journalières maladie), le taux d’indemnisation (80 % en général), la durée de couverture (720 jours standard) et le délai d’attente. Les conditions prévues par la CCT applicable au secteur peuvent imposer une couverture plus étendue que l’obligation minimale du CO.
La loi ne contraint pas les employeurs á souscrire une assurance indemnités journalières collective pour leurs salariés. En revanche, l’article 324a du Code des obligations (CO) impose à l’employeur de verser le salaire pendant une durée limitée : 3 semaines durant la première année de service, puis une période plus longue selon l’ancienneté et le canton (échelles de Berne, de Bâle ou genevoise).
Dans la pratique, de nombreuses entreprises en Suisse romande complètent cette obligation minimale en concluant un contrat collectif d’assurance indemnités journalières maladie (LCA). Ce contrat prévoit généralement une indemnité de 80 % du salaire brut pendant 720 ou 730 jours sur une période de 900 jours, après un délai d’attente de 2 ou 3 jours souvent pris en charge par l’employeur. Dans les cantons de Genève, Vaud et Fribourg, certaines CCT sectorielles (construction, hôtellerie, santé) imposent des protections plus étendues.
Si votre employeur n’a pas conclu un tel contrat, votre protection en cas de maladie prolongée est limitée à l’obligation légale minimale du CO. Une vérification auprès du service RH ou une lecture attentive du contrat de travail permet d’identifier rapidement votre niveau de protection réel.
Vous ne savez pas si votre employeur vous couvre correctement ?
Faites analyser votre contrat de travail et votre CCT par un conseiller AFA pour identifier les lacunes éventuelles.
Un indépendant est-il couvert automatiquement en cas de maladie ?
Non. Les indépendants ne bénéficient d’aucune couverture automatique contre la perte de gain maladie en Suisse. Sans assurance indemnités journalières souscrite volontairement (LAMal Art. 67 ou LCA privée), le revenu s’arrête dès le premier jour d’incapacité de travail, tandis que les charges fixes continuent de courir.
Les travailleurs indépendants ne sont affiliés à aucun employeur et ne bénéficient donc d’aucune couverture collective. Que l’on soit consultant à Genève, artisan à Fribourg, professionnel libéral à Lausanne ou entrepreneur à Neuchâtel, la situation est identique : sans assurance volontaire, aucune indemnité n’est versée en cas d’arrêt.
Option 1 : l’assurance indemnités journalières LAMal (Art. 67)
La LAMal permet à toute personne domiciliée en Suisse de souscrire une assurance indemnités journalières facultative auprès d’un assureur-maladie agréé. L’assuré choisit le montant de l’indemnité journalière ( max 30 chf par jour ) et le délai d’attente. Protection importante pour les personnes avec des antécédents médicaux.
Option 2 : l’assurance indemnités journalières privée (LCA)
Les assureurs privés proposent des contrats sous la Loi sur le contrat d’assurance (LCA). Ces contrats offrent des indemnités souvent plus élevées et des modalités plus flexibles, mais l’assureur peut refuser l’admission ou exclure certaines maladies préexistantes selon le questionnaire médical.
Pour un indépendant, le montant d’indemnité à assurer doit tenir compte non seulement du salaire personnel, mais aussi des charges fixes de l’activité (loyer de bureau, cotisations sociales, charges d’exploitation) qui continuent de courir même en cas d’arrêt. Il est également utile de penser à la constitution d’un 3ème pilier comme complément à la couverture APG.
Pour les frontaliers installés en Suisse romande ou exerçant une activité indépendante transfrontalière entre la Suisse et la France, des particularités s’appliquent selon le statut de résidence et le régime de sécurité sociale applicable.
Indépendant ? Vérifiez le montant d’indemnité nécessaire avant de choisir un délai d’attente.
Le bon montant couvre votre salaire personnel et vos charges fixes professionnelles. Un conseiller AFA peut calculer ce besoin sur la base de votre situation réelle.
Quelle assurance choisir entre LAMal Art. 67 et LCA ?
La LAMal Art. 67 garantit l’admission sans questionnaire médical : idéale pour les personnes avec antécédents médicaux ou revenus modérés. La LCA privée offre des indemnités plus élevées et plus de flexibilité, mais implique une sélection médicale. Le choix dépend de l’état de santé, du revenu, des charges fixes et du délai d’attente supportable.
| Critère | LAMal Art. 67-77 | LCA privée | Profil adapté |
|---|---|---|---|
| Admission | Plus facile d’accès | Sélection médicale possible | Antécédents : LAMal |
| Questionnaire | Selon conditions légales | Oui, exclusions ou surprimes possibles | Bonne santé : LCA |
| Montant assuré | Encadré par la loi | Plus élevé, plus flexible | Revenus élevés : LCA |
| Flexibilité | Encadrée légalement | Grande liberté contractuelle | Besoins sur mesure : LCA |
| Risque d’exclusion | Faible (protection légale) | Possible selon antécédents | Pathologies : LAMal |
| Coût | Variable selon délai d’attente | Variable selon profil et assureur | Comparaison nécessaire |
| Pertinence indépendant | Bonne (protection garantie) | Très bonne si bonne santé | Analyse personnalisée |
| Antécédents médicaux | Protégé (mais réserves médicales possibles sur 5 ans) | Exclusions ou surprimes possibles | Antécédents : LAMal |
Sources : LAMal Art. 67-77 (RS 832.10) ; LCA (RS 221.229.1) ; OFSP 2026
Comparez les options LAMal et LCA selon votre âge, revenu, canton et état de santé.
Quel délai d’attente choisir pour une assurance perte de gain ?
Le délai d’attente optimal dépend de la trésorerie disponible. Un délai court (14 ou 30 jours) est recommandé si les réserves sont limitées, avec une prime plus élevée. Un délai plus long (60 ou 90 jours) réduit la prime mais exige une capacité d’autofinancement de 2 à 3 mois de charges. Une simulation personnalisée est nécessaire.
| Délai d’attente | Impact prime | Réserve financière nécessaire | Profil adapté | Risque principal |
|---|---|---|---|---|
| 14 jours | Élevée | 1 à 2 semaines de charges | Réserves très limitées, indépendants débutants | Coût annuel élevé |
| 30 jours | Modérée | 1 mois de charges | Équilibre coût/protection, indépendant moyen | Couverture courte découverte |
| 60 jours | Réduite | 2 mois de charges | Trésorerie solide, arrêts courts absorbables | Découverte de 2 mois si arrêt long |
| 90 jours | Basse | 3 mois de charges | Trésorerie importante | Exposition forte si réserves insuffisantes |
Ces estimations sont indicatives. Le délai optimal dépend du revenu, des charges fixes et du type de contrat.
Pour comprendre l’impact réel d’un arrêt maladie sans couverture, voici un exemple concret basé sur un profil type d’indépendant en Suisse romande. Ces chiffres sont fournis à titre illustratif.
Profil : indépendant, 40 ans, Vaud, arrêt de 3 mois
Le bon montant d’indemnité journalière ne doit pas couvrir uniquement le revenu personnel. Il doit aussi permettre de maintenir les charges essentielles de l’activité : loyer de bureau, cotisations sociales indépendantes, abonnements professionnels, leasing, collaborateurs éventuels. Un arrêt de 3 mois sans couverture peut déséquilibrer plusieurs années d’effort financier.
Sur cet exemple, une indemnité de CHF 200/jour avec un délai d’attente de 30 jours permettrait de récupérer environ CHF 12’000.– sur les 3 mois (60 jours indemnisés). La prime mensuelle d’une telle couverture LCA est estimée à titre indicatif entre CHF 80.– et CHF 200.– selon l’assureur, l’état de santé et le canton (marché suisse 2026).
Pour les indépendants vaudois, genevois ou fribourgeois gérant une activité avec des collaborateurs ou des charges fixes importantes, le calcul du besoin réel d’indemnité journalière est encore plus critique : il convient de l’établir précisément avant de choisir un contrat.
Demandez une estimation de votre besoin d’indemnité journalière.
Un conseiller AFA calcule votre besoin réel en tenant compte de votre revenu, de vos charges fixes et de votre trésorerie disponible.
Combien paie une assurance perte de gain en cas d’arrêt maladie ?
En général, 80 % du revenu assuré sous forme d’indemnité journalière, versée après expiration du délai d’attente contractuel. Pour les contrats LCA collectifs, la couverture standard est de 720 jours sur 900. Le montant exact dépend du contrat souscrit : le revenu assuré, le délai d’attente et la durée maximale de versement sont définis dans les conditions générales.
Cotisations LAPG 2026 : taux de 0,45 % du salaire brut, partagé entre employeur et salarié (source : OFAS, RS 834.1). Pour un salarié gagnant CHF 80’000/an, la cotisation personnelle est de CHF 180.– par an (CHF 15.– par mois).
Pour les indemnités journalières maladie (LAMal ou LCA), les primes varient selon l’âge, le montant assuré, le délai d’attente et l’état de santé. À titre indicatif, pour un indépendant de 40 ans en bonne santé souhaitant assurer une indemnité journalière de CHF 200 avec un délai d’attente de 30 jours, la prime mensuelle d’une assurance LCA se situe généralement entre CHF 80.– et CHF 200.– selon l’assureur, le canton et les conditions du contrat (estimations marché suisse, 2026). Seul un devis personnalisé fournit un montant fiable.
| Délai d’attente | Impact sur la prime | Profil adapté |
|---|---|---|
| 14 jours | Prime élevée | Réserves limitées, protection immédiate requise |
| 30 jours | Prime modérée | Équilibre coût et protection |
| 60 jours | Prime réduite | Réserves suffisantes pour 2 mois |
| 90 jours | Prime basse | Trésorerie solide, grands indépendants |
Comparez les options LAMal et LCA selon votre profil réel.
L’assurance invalidité (AI) : l’AI fédérale intervient en cas d’incapacité de gain durable (généralement après une année d’incapacité). Elle est complémentaire à l’APG maladie, pas substitutive. Pour un indépendant sans couverture APG, la perte de revenu pendant la période précédant l’AI est à absorber seul (source : LAI RS 831.20).
Le 2ème pilier LPP : la prévoyance professionnelle LPP couvre l’invalidité pour les salariés affiliés. Les indépendants peuvent s’affilier volontairement, mais cette couverture ne remplace pas une APG maladie à court terme.
Le 3ème pilier : le 3ème pilier A ou B peut servir de fonds de réserve, mais les retraits du pilier 3a sont strictement encadrés et non accessibles librement en cas de maladie. Il ne remplace pas une APG maladie, mais peut compléter la couverture pour les indépendants disposant déjà d’une solution APG.
La constitution de réserves personnelles : maintenir 3 à 6 mois de charges fixes en liquidités constitue un filet de sécurité minimal, notamment pour pouvoir choisir un délai d’attente plus long et donc une prime plus basse.
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Pourquoi faire vérifier sa couverture perte de gain ?
L’assurance perte de gain maladie est souvent insuffisamment prise en compte par les indépendants et les petits entrepreneurs en Suisse. Il arrive fréquemment que la probabilité d’un arrêt prolongé soit sous-estimée et que la solidité des réserves personnelles soit surestimée. Les personnes qui ne régularisent leur couverture qu’après un premier arrêt se retrouvent souvent avec des exclusions ou des surprimes.
— Christophe Bouin, conseiller diplômé AFA, spécialisé en assurance maladie, prévoyance et solutions financières en Suisse romande
À retenir
Non. Il n’existe pas d’obligation légale générale de souscrire une assurance perte de gain maladie. Les employeurs ne sont pas légalement tenus d’assurer collectivement leurs salariés, sauf si une CCT le prévoit. Seule la LAPG, pour la maternité, la paternité et le service militaire, est obligatoire et financée par prélèvement sur les salaires (source : OFAS, RS 834.1).
La LAPG (RS 834.1) couvre les pertes de revenu liées au service militaire, à la maternité et à la paternité. Elle est financée par une cotisation obligatoire de 0,45 % du salaire. L’APG maladie couvre la perte de revenu en cas d’arrêt de travail pour raison de santé. Ces deux mécanismes sont complémentaires mais distincts : la LAPG ne couvre pas la maladie (source : OFAS ; LAMal Art. 67).
Cela dépend du contrat de l’employeur. L’article 324a CO garantit uniquement quelques semaines de salaire selon l’ancienneté. Si l’employeur a souscrit un contrat collectif LCA, la couverture est généralement de 720 jours sur 900 à 80 % du salaire. Sans ce contrat, le salarié n’est plus indemnisé au-delà de la protection minimale CO, quelle que soit la durée de la maladie.
Oui. Un indépendant domicilié en Suisse peut souscrire une assurance indemnités journalières LAMal (Art. 67-77) auprès d’un assureur agréé (pas de refus légal pour raison de santé) ou un contrat privé LCA (sélection médicale à l’entrée). Le choix dépend de l’état de santé, du revenu et des charges fixes. Une analyse personnalisée est recommandée avant de souscrire.
Les primes varient selon l’âge, le montant assuré, le délai d’attente, l’état de santé et l’assureur. À titre indicatif, pour un indépendant de 40 ans en bonne santé souhaitant CHF 200/jour d’indemnité avec un délai d’attente de 30 jours, la prime mensuelle se situe entre CHF 80.– et CHF 200.– (marché suisse 2026). Seul un devis personnalisé fournit un montant fiable.
Le délai d’attente est la période initiale d’arrêt sans indemnité. Plus il est long, plus la prime est basse. Le délai optimal dépend de votre trésorerie : si vous pouvez absorber 2 mois sans revenu, un délai de 60 jours est cohérent. Si vos réserves sont limitées, 14 ou 30 jours est préférable. Une simulation chiffrée sur votre situation réelle est nécessaire.
La durée dépend du contrat. Le contrat collectif LCA standard prévoit 720 jours sur 900. Pour les contrats LAMal individuels, la durée maximale est de 720 jours (LAMal Art. 72). Au-delà, si l’incapacité persiste, c’est l’assurance invalidité (AI) fédérale qui prend le relais, sous réserve des conditions d’éligibilité.
La LAMal Art. 67 est adaptée aux personnes avec antécédents médicaux (pas de refus légal) et aux revenus modérés. La LCA offre plus de flexibilité et des indemnités potentiellement plus élevées, mais avec sélection médicale à l’entrée. Le choix dépend de l’état de santé, du revenu, des charges fixes et du délai d’attente supportable. Une analyse comparative avec un conseiller AFA est recommandée.
Oui. Les allocations LAPG (maternité, paternité, service militaire) sont imposables comme revenu. Les indemnités journalières maladie versées par une assurance LCA collective sont également imposables comme revenu de substitution. Elles figurent sur une attestation remise par l’assureur ou la caisse AVS (source : AFC).
En quittant un employeur avec contrat LCA collectif, vous perdez cette couverture. Si le nouvel employeur dispose également d’un contrat collectif, vous y serez intégré avec une éventuelle période d’attente ou réserve sanitaire. En cas d’interruption d’activité (chômage, création d’entreprise), une assurance individuelle LAMal Art. 67 permet de couvrir la transition.
Oui, mais de façon limitée. L’article 324a CO impose à l’employeur de verser le salaire en cas d’incapacité non fautive : 3 semaines la première année, puis selon l’ancienneté et l’échelle cantonale (Berne, Bâle ou Genève). Au-delà, sans contrat collectif LCA, le salarié ne reçoit plus d’indemnité de l’employeur.
Vérifiez auprès du service RH ou dans votre contrat de travail et le règlement du personnel. Si votre secteur est soumis à une CCT (construction, hôtellerie, santé en Suisse romande notamment), celle-ci peut imposer une couverture minimale. En cas de doute, demandez une copie des conditions générales du contrat collectif en vigueur.
Dans la plupart des contrats, un burn-out ou épuisement professionnel diagnostiqué médicalement est couvert comme toute autre incapacité de travail. Certains contrats LCA contiennent toutefois des clauses spécifiques sur les troubles psychiques. Il est important de vérifier les conditions générales et les exclusions éventuelles avant de souscrire.
Oui, via la LAMal Art. 67 : l’assureur ne peut pas refuser l’admission dans les limites légales, ce qui est particulièrement avantageux pour les personnes avec antécédents médicaux. Via un contrat LCA, une sélection médicale est pratiquée : exclusions ou surprimes possibles. Il est conseillé de comparer les deux options avant de souscrire.
L’APG maladie couvre une incapacité temporaire jusqu’à 720 jours. L’AI fédérale intervient en cas d’incapacité de gain durable, après environ une année d’incapacité. Ces deux couvertures sont complémentaires. Pour un indépendant sans APG maladie, la perte de revenu pendant la période précédant l’AI est à absorber seul (source : LAI RS 831.20).
La distinction fondamentale à retenir : la LAPG couvre la maternité, la paternité et le service militaire via une cotisation obligatoire sur les salaires. Elle ne couvre pas la maladie. L’assurance perte de gain maladie (LAMal Art. 67 ou LCA) est une démarche volontaire, distincte, non garantie par la loi pour la plupart des actifs.
Les indépendants sont les plus exposés : sans assurance, chaque jour d’arrêt est un jour sans revenu pendant que les charges continuent. En Suisse romande, que l’on exerce à Genève, Vaud, Valais ou Neuchâtel, cette réalité est identique quel que soit le canton.
Les salariés doivent vérifier leur contrat collectif : l’obligation minimale de l’employeur (CO Art. 324a) ne protège que quelques semaines. Beaucoup ignorent que leur employeur n’a pas souscrit de contrat LCA, ou ne connaissent pas la durée exacte de leur couverture.
Dans tous les cas, le moment idéal pour agir est avant tout problème de santé. Les assureurs LCA évaluent l’état de santé à la souscription. Une démarche réalisée en bonne santé donne accès à de meilleures conditions. Attendre détériore les options disponibles.
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Assurance maladie obligatoire (LAMal)
Primes, franchises et modèles d’assurance en Suisse 2026.
Cotisations LPP et 2ème pilier
Seuil d’entrée, couverture invalidité et libre passage en Suisse.
3ème pilier 3a ou 3b
Comparer le pilier 3a et le 3b pour optimiser votre prévoyance individuelle en Suisse.
Sources
Article rédigé par Christophe Bouin, conseiller diplômé AFA, spécialisé en assurance maladie, prévoyance (3ème pilier, LPP) et solutions financières en Suisse romande. Informations vérifiées à partir de sources officielles. Dernière mise à jour : juin 2026.
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