📋 En résumé
- La LAMal est obligatoire pour toute personne domiciliée en Suisse, avec un délai d’affiliation de trois mois après l’arrivée ou la naissance.
- La LCA est facultative : c’est un contrat de droit privé, que l’assureur peut refuser, limiter par une réserve ou surtarifer selon votre état de santé.
- Le catalogue de prestations LAMal est identique chez toutes les caisses. Seuls la prime, le modèle et le service diffèrent. Les complémentaires, elles, varient fortement d’un assureur à l’autre.
- En 2026, la prime moyenne de l’assurance de base atteint CHF 393.30 par mois, en hausse de 4,4 % selon l’OFSP. La franchise se situe entre CHF 300.– et CHF 2’500.– pour un adulte.
- Les délais de résiliation n’ont rien à voir : le 30 novembre pour la LAMal, des durées contractuelles de plusieurs années pour la LCA.
Différence LAMal LCA : assurance de base et complémentaire, ce qui change vraiment en 2026
Comprendre la différence LAMal LCA, c’est comprendre pourquoi vous recevez deux factures de primes, pourquoi une caisse ne peut pas vous refuser sur un produit mais très bien le faire sur l’autre, et pourquoi votre voisin paie moins que vous pour une couverture qui semble identique. Cet article s’adresse aux résidents suisses qui veulent optimiser leur budget santé, ainsi qu’aux nouveaux arrivants qui découvrent le système. Nous détaillons ce que chaque loi couvre, comment la prime est calculée, quels délais s’appliquent et où se situent les vrais pièges.
Réponse courte
La LAMal (loi fédérale sur l’assurance-maladie, RS 832.10) régit l’assurance de base obligatoire : toute personne domiciliée en Suisse doit s’y affilier, aucune caisse ne peut la refuser, et le catalogue de prestations est fixé par la Confédération, donc identique partout. La LCA (loi fédérale sur le contrat d’assurance, RS 221.229.1) régit les assurances complémentaires facultatives : l’assureur est libre de définir ses prestations, de poser un questionnaire de santé, d’exclure certains risques ou de refuser une demande. En pratique, la LAMal couvre le nécessaire médical, la LCA couvre le confort et les prestations exclues de la base, comme l’hospitalisation privée, le dentaire ou la médecine complémentaire.
| LAMal et LCA en 30 secondes | LAMal (assurance de base) | LCA (complémentaires) |
|---|---|---|
| Base légale | LAMal, RS 832.10 | LCA, RS 221.229.1 |
| Nature | Assurance sociale obligatoire | Contrat privé facultatif |
| Prestations | Identiques chez tous les assureurs | Libres, propres à chaque produit |
| Questionnaire de santé | Non, obligation d’admission | Oui, refus et réserves possibles |
| Prime liée à l’état de santé | Non | Oui, selon l’âge d’entrée et le risque |
| Participation aux coûts 2026 | Franchise CHF 300.– à CHF 2’500.–, quote-part 10 % plafonnée à CHF 700.– | Selon les conditions du contrat |
| Résiliation | Chaque année, préavis reçu au 30 novembre | Selon la durée contractuelle et les CGA |
| Subside cantonal | Oui, sous conditions de revenu | Non |
| Surveillance | OFSP, qui approuve les primes | FINMA |
| Voie de recours | Droit des assurances sociales, tribunal cantonal des assurances | Droit civil, tribunal civil |
Sommaire
- LAMal et LCA : deux lois, deux logiques
- Ce que couvre l’assurance de base LAMal
- Ce que couvrent les complémentaires LCA
- Admission : obligation d’accepter contre questionnaire de santé
- Comment votre prime est calculée dans chaque système
- Franchise, quote-part et plafonds 2026
- Résilier : les délais LAMal et les délais LCA
- Subsides et impôts : ce qui change
- En cas de litige : deux voies de recours
- Faut-il séparer base et complémentaire chez deux assureurs ?
- Quelles complémentaires selon votre profil
- Les six erreurs les plus fréquentes
- FAQ : différence LAMal LCA
LAMal et LCA : deux lois, deux logiques
La confusion vient d’un détail pratique : le même assureur vous vend souvent les deux, sur le même décompte, parfois dans la même enveloppe. Juridiquement, il s’agit pourtant de deux mondes séparés.
La LAMal appartient au droit des assurances sociales. L’État définit qui doit s’assurer, quelles prestations sont couvertes et comment les primes sont contrôlées. L’assureur exécute une tâche publique et ne peut pas faire de bénéfice sur l’assurance de base. La LCA appartient au droit privé : c’est le même cadre légal que votre assurance ménage ou votre protection juridique. L’assureur décide ce qu’il propose, à qui, et à quel prix.
Cette distinction a une conséquence très concrète : sur la LAMal, la concurrence porte uniquement sur le prix, le modèle et la qualité du service, puisque les prestations sont identiques. Sur la LCA, la concurrence porte sur le contenu du produit. Comparer deux complémentaires revient donc à comparer deux contrats différents, pas deux tarifs.
Ce que couvre l’assurance de base LAMal
Le catalogue est défini par la Confédération et s’applique à toutes les caisses, sans exception. Il couvre les soins médicaux nécessaires en cas de maladie, de maternité et, pour les personnes non salariées, d’accident.
Concrètement, cela comprend les consultations chez le médecin, les traitements hospitaliers en division commune dans le canton de domicile, les médicaments figurant sur la liste officielle, les analyses de laboratoire, la physiothérapie prescrite, la maternité avec les contrôles de grossesse et l’accouchement, ainsi que certaines mesures de prévention.
Ce qui n’est pas couvert, ou seulement de façon marginale, explique l’essentiel du marché des complémentaires : les soins dentaires de l’adulte, les lunettes et les lentilles, l’hospitalisation en division privée ou mi-privée, la médecine complémentaire au-delà du cadre reconnu, les traitements à l’étranger au-delà du tarif suisse, le transport de sauvetage complet ou encore les chambres individuelles.
À retenir
- Prestations LAMal : strictement identiques chez Assura, Helsana, CSS, Groupe Mutuel ou Swica
- Ce qui varie : la prime, le modèle choisi, la rapidité de remboursement, la qualité du service
- Conséquence : changer de caisse pour la base ne dégrade jamais vos prestations médicales de base
Ce que couvrent les complémentaires LCA
Les complémentaires se regroupent en quelques familles. Les connaître évite de payer deux fois la même chose.
| Famille de complémentaire | Ce qu’elle apporte | Pour qui elle fait souvent sens |
|---|---|---|
| Hospitalisation | Division mi-privée ou privée, libre choix du médecin, libre choix de l’hôpital en Suisse | Personnes attachées au choix du chirurgien, familles, indépendants |
| Ambulatoire | Médecine complémentaire, lunettes, check-up, fitness, vaccins, transport | Familles, personnes suivant des thérapies non couvertes |
| Dentaire | Participation aux traitements et à l’orthodontie, selon un pourcentage et un plafond annuel | Enfants, avant l’apparition d’un besoin connu |
| Étranger et voyages | Frais au-delà du tarif suisse, rapatriement, assistance | Voyageurs fréquents, expatriés, familles binationales |
| Capital et indemnités | Capital hospitalier journalier, capital décès, perte de gain maladie | Indépendants, familles avec un seul revenu |
Deux points méritent votre attention avant de signer. D’abord, le vocabulaire commercial n’est pas normalisé : deux produits portant le nom « Completa » ou « Extra » chez deux assureurs différents ne couvrent pas la même chose. Ensuite, chaque prestation est en général assortie d’un pourcentage de remboursement et d’un plafond annuel, parfois d’un délai d’attente. Ce sont ces deux chiffres, et non le nom du produit, qui déterminent la valeur réelle du contrat.
Vos complémentaires actuelles sont-elles encore utiles ?
Nous relisons vos conditions générales, identifions les doublons entre vos contrats et vérifions les plafonds réellement applicables à votre situation.
Demander une relecture de mes contrats →Admission : obligation d’accepter contre questionnaire de santé
C’est la différence la plus lourde de conséquences, et la moins connue des nouveaux arrivants.
Pour l’assurance de base, l’assureur a une obligation d’admission. Il doit accepter toute personne soumise à l’obligation de s’assurer qui habite dans son rayon d’activité, quel que soit son âge ou son état de santé, sans réserve et sans délai d’attente. Aucune question médicale n’est posée. Une maladie chronique, une grossesse en cours ou un traitement lourd ne changent rien à votre droit d’être assuré, ni au montant de votre prime.
Pour une complémentaire, la logique s’inverse. L’assureur évalue un risque. Il peut accepter la demande telle quelle, l’accepter avec une réserve qui exclut un problème de santé existant, appliquer une surprime, ou refuser purement et simplement. Les déclarations que vous faites dans le questionnaire de santé sont juridiquement importantes : en cas d’omission d’un fait important que vous connaissiez, l’assureur peut, dans les conditions prévues aux art. 4 et 6 LCA, se retirer du contrat. Remplir ce questionnaire avec soin, et garder une copie, relève de l’élémentaire.
Cette asymétrie explique une règle pratique que nous répétons souvent : les complémentaires se souscrivent tôt, quand l’état de santé est bon, et se résilient tard, après avoir vérifié que la nouvelle solution est bien acceptée. Pour les enfants, le raisonnement va plus loin encore, puisqu’une assurance prénatale permet dans la plupart des cas de couvrir le nouveau-né sans examen de santé.
Comment votre prime est calculée dans chaque système
En 2026, la prime mensuelle moyenne de l’assurance de base s’élève à CHF 393.30, en hausse de 4,4 % par rapport à 2025, selon les chiffres publiés par l’OFSP. Cette moyenne nationale cache des écarts considérables, car la prime LAMal dépend de cinq paramètres et d’aucun autre.
Chaque caisse calcule ses propres primes, approuvées ensuite par l’OFSP.
Les coûts de la santé varient d’un canton à l’autre, et parfois à l’intérieur d’un canton.
Trois classes seulement : enfants jusqu’à 18 ans, jeunes adultes de 19 à 25 ans, adultes dès 26 ans.
Plus la franchise est élevée, plus la prime baisse, dans les limites fixées par la loi.
Médecin de famille, HMO, télémédecine ou pharmacie donnent droit à un rabais sur la prime standard.
Votre état de santé, votre sexe et vos antécédents n’entrent pas dans ce calcul. Deux personnes de 40 ans domiciliées dans la même commune, l’une en parfaite santé et l’autre suivie pour une maladie chronique, paient exactement la même prime de base chez le même assureur, avec la même franchise et le même modèle.
Pour une complémentaire LCA, le raisonnement est celui d’un assureur privé. La prime dépend du produit et de son niveau de couverture, de votre âge à l’entrée, souvent du sexe, du canton, et de l’appréciation du risque médical. Elle augmente en général avec le passage d’une classe d’âge à l’autre, selon le tarif du contrat. Souscrire à 30 ans et conserver le contrat coûte donc structurellement moins cher que souscrire le même produit à 55 ans.
Franchise, quote-part et plafonds 2026
La participation aux coûts de l’assurance de base est fixée par la loi. Elle se compose de trois éléments qu’il faut distinguer.
| Élément | Adulte dès 26 ans | Enfant jusqu’à 18 ans |
|---|---|---|
| Franchise possible | CHF 300.–, 500.–, 1’000.–, 1’500.–, 2’000.– ou 2’500.– | CHF 0.–, puis 100.– à 600.– par paliers de 100.– |
| Quote-part | 10 % des frais au-delà de la franchise, plafonnés à CHF 700.– par an | 10 %, plafonnés à CHF 350.– par an |
| Contribution hospitalière | CHF 15.– par jour d’hospitalisation avec nuitée | Exonérés, comme les jeunes en formation jusqu’à 25 ans |
| Charge annuelle maximale hors hospitalisation | Franchise + CHF 700.–, soit CHF 1’000.– avec la franchise ordinaire | Franchise + CHF 350.– |
Ce plafond est la grande force de la LAMal : quelle que soit la gravité de votre année médicale, votre participation reste connue à l’avance. Une complémentaire, elle, fonctionne à l’envers. Il n’existe pas de plafond légal de participation, mais des plafonds de remboursement définis par le contrat. C’est à vous de vérifier ce que l’assureur paie, et jusqu’à quel montant.
Résilier : les délais LAMal et les délais LCA
Les deux régimes n’ont ni les mêmes dates ni la même liberté. C’est la source la plus fréquente de mauvaises surprises en fin d’année.
Pour l’assurance de base, vous pouvez changer d’assureur chaque année au 31 décembre, à condition que la résiliation parvienne à votre caisse au plus tard le 30 novembre. La date qui compte est celle de la réception par l’assureur, pas celle du cachet postal. Un changement au 1er juillet reste possible dans certains cas, notamment avec la franchise ordinaire et le modèle standard, moyennant un préavis reçu au 31 mars. La condition à ne jamais oublier : vos primes doivent être payées, arriérés et frais de rappel compris.
Pour une complémentaire, tout dépend du contrat. Beaucoup de produits sont conclus pour plusieurs années. La LCA révisée, en vigueur depuis le 1er janvier 2022, a renforcé la position du preneur d’assurance sur trois points utiles : un droit de révocation de quatorze jours après la conclusion (art. 2a LCA), un droit de résiliation ordinaire au terme de la troisième année puis à chaque échéance annuelle (art. 35a LCA), dans le respect du préavis prévu par la loi et par les conditions générales, et un délai de prescription des prestations porté à cinq ans (art. 46 LCA). Vos conditions générales restent la référence à lire avant d’envoyer une lettre.
L’avis de Swiss Financial Advice
Dans notre pratique quotidienne à Genève, l’erreur la plus coûteuse n’est pas de payer une prime trop élevée, c’est de résilier une complémentaire avant d’avoir reçu, par écrit, l’acceptation du nouvel assureur. La base est acquise dans tous les cas. La complémentaire, non. Nous demandons donc systématiquement l’acceptation écrite du nouveau contrat avant de toucher à l’ancien, et nous conservons la couverture existante jusqu’à cette confirmation.
Nous constatons aussi que beaucoup de ménages accumulent des doublons : une couverture voyage présente à la fois dans la complémentaire santé, la carte de crédit et l’assurance ménage. Un inventaire prend une heure et libère souvent plusieurs centaines de francs par année, sans réduire la protection réelle.
Christophe Bouin, conseiller diplômé AFA
Subsides et impôts : ce qui change
La réduction cantonale de primes, appelée subside, ne concerne que l’assurance de base. Les cantons la versent selon des conditions de revenu et de fortune qui leur sont propres, et les montants comme les seuils diffèrent d’un canton romand à l’autre. Aucune prime de complémentaire n’est subventionnée, quel que soit votre revenu.
Sur le plan fiscal, la logique est différente : les primes d’assurance maladie, de base comme complémentaires, entrent dans la déduction pour primes d’assurance prévue par le droit fédéral et cantonal. Cette déduction est forfaitaire et plafonnée, ce qui signifie qu’en pratique, beaucoup de contribuables atteignent le plafond avec la seule prime LAMal. Ajouter une complémentaire n’apporte alors aucun avantage fiscal supplémentaire. Nous recommandons de vérifier le plafond applicable dans votre canton avant de considérer l’argument fiscal comme un critère de décision.
En cas de litige : deux voies de recours
Un refus de prise en charge ne se conteste pas de la même manière selon la loi applicable.
Dans le domaine LAMal, l’assureur agit comme une institution d’assurance sociale. Il doit motiver sa position, et vous disposez des voies de droit du droit des assurances sociales, jusqu’au tribunal cantonal des assurances puis, le cas échéant, au Tribunal fédéral. La procédure devant le tribunal cantonal est en principe gratuite pour l’assuré.
Dans le domaine LCA, vous êtes face à un cocontractant privé. Le litige relève du droit civil et, à défaut d’accord, du tribunal civil, avec les frais et les risques que cela implique. L’ombudsman de l’assurance-maladie offre une médiation gratuite qui résout une partie des désaccords sans procédure. La surveillance des assureurs privés est exercée par la FINMA, celle des assureurs-maladie pour la base par l’OFSP.
Faut-il séparer base et complémentaire chez deux assureurs ?
Rien ne vous oblige à confier les deux au même assureur. Vous pouvez parfaitement garder vos complémentaires chez l’assureur A et placer votre assurance de base chez l’assureur B, moins chère. C’est même la façon la plus simple de profiter de la concurrence sur la base sans mettre en jeu des couvertures acquises quand votre santé était meilleure.
Trois éléments méritent toutefois d’être vérifiés avant de séparer. Certains assureurs accordent un rabais de combinaison qui disparaît si vous partez avec la base. La gestion administrative devient double, avec deux décomptes et deux interlocuteurs. Enfin, quelques produits complémentaires prévoient dans leurs conditions un lien avec l’assurance de base du même groupe, ce qui peut modifier la couverture. Dans la majorité des dossiers que nous traitons, la séparation reste néanmoins avantageuse dès que l’écart de prime dépasse quelques dizaines de francs par mois.
Quelles complémentaires selon votre profil
Il n’existe pas de bonne réponse universelle, mais des priorités différentes selon la situation. Voici la logique que nous appliquons en entretien.
| Profil | Priorité côté LAMal | Priorité côté LCA |
|---|---|---|
| Nouvel arrivant | S’affilier dans les trois mois, choisir franchise et modèle adaptés | Souscrire tôt, tant que l’état de santé le permet |
| Jeune adulte en bonne santé | Franchise élevée et modèle alternatif | Couverture de base ambulatoire, hospitalisation si le budget suit |
| Famille avec enfants | Franchise enfant adaptée, rabais familiaux | Dentaire et orthodontie souscrits tôt, prénatal avant la naissance |
| Indépendant | Couverture accident à intégrer, franchise selon la trésorerie | Perte de gain maladie, délai d’attente à calibrer |
| Personne avec suivi médical régulier | Franchise ordinaire, modèle compatible avec les spécialistes suivis | Conserver les contrats existants, éviter toute résiliation prématurée |
Les six erreurs les plus fréquentes
La base est reprise dans tous les cas, la complémentaire peut être refusée. Une seule lettre mal rédigée suffit à perdre une couverture acquise.
Elles sont identiques par la loi. Payer plus pour la base n’achète pas de meilleurs soins.
Une omission portant sur un fait important connu peut permettre à l’assureur de se retirer du contrat, parfois des années plus tard.
La franchise limite ce que vous payez. Le plafond limite ce que l’assureur paie. Les deux notions vont dans des directions opposées.
La souscription dépend de l’état de santé, qui se dégrade avec le temps. Le bon moment est celui où vous n’avez pas encore besoin de la couverture.
Les seuils cantonaux évoluent et concernent plus de ménages qu’on ne le croit. Le calcul se refait chaque année.
FAQ : différence LAMal LCA
Quelle est la différence entre la LAMal et la LCA ?
La LAMal (RS 832.10) est la loi qui régit l’assurance de base obligatoire en Suisse : affiliation obligatoire, prestations identiques chez toutes les caisses, obligation pour l’assureur d’accepter tout candidat. La LCA (RS 221.229.1) est la loi sur le contrat d’assurance, qui régit les assurances complémentaires facultatives : l’assureur définit librement ses prestations et peut refuser une demande ou poser une réserve selon l’état de santé.
L’assurance complémentaire est-elle obligatoire en Suisse ?
Non. Seule l’assurance de base LAMal est obligatoire pour les personnes domiciliées en Suisse. Les complémentaires LCA sont entièrement facultatives. Vous pouvez vivre en Suisse avec la seule assurance de base, en acceptant les limites qu’elle comporte, notamment en division commune à l’hôpital et pour les soins dentaires de l’adulte.
Une caisse maladie peut-elle refuser mon assurance de base ?
Non. Pour l’assurance de base, l’assureur doit accepter toute personne soumise à l’obligation de s’assurer qui habite dans son rayon d’activité, sans questionnaire de santé, sans réserve et sans délai d’attente. L’âge, une maladie chronique ou une grossesse en cours ne constituent pas des motifs de refus, et n’influencent pas le montant de la prime de base.
Peut-on me refuser une assurance complémentaire ?
Oui. Une complémentaire relevant de la LCA repose sur un contrat de droit privé. L’assureur évalue votre état de santé au moyen d’un questionnaire et peut accepter la demande, l’accepter avec une réserve excluant une affection existante, appliquer une surprime, ou la refuser. C’est la raison pour laquelle il est généralement préférable de souscrire tôt.
Puis-je avoir mon assurance de base et mes complémentaires chez deux assureurs différents ?
Oui, c’est autorisé et fréquent. Vous pouvez placer l’assurance de base chez l’assureur le plus avantageux et conserver vos complémentaires ailleurs. Vérifiez avant de séparer si un rabais de combinaison s’applique et si vos conditions générales prévoient un lien avec l’assurance de base du même groupe.
Quelle est la prime moyenne de l’assurance de base en 2026 ?
Selon l’OFSP, la prime mensuelle moyenne de l’assurance obligatoire des soins s’élève à CHF 393.30 en 2026, soit une hausse de 4,4 % par rapport à l’année précédente. Cette moyenne nationale masque des écarts importants selon le canton, la région de prime, la classe d’âge, la franchise et le modèle choisi.
Quelles franchises existent en 2026 et jusqu’à combien va la quote-part ?
Pour un adulte, la franchise annuelle peut être de CHF 300.–, 500.–, 1’000.–, 1’500.–, 2’000.– ou 2’500.–. Pour un enfant jusqu’à 18 ans, elle va de CHF 0.– à CHF 600.–. Au-delà de la franchise, la quote-part est de 10 % des frais, plafonnée à CHF 700.– par an pour un adulte et CHF 350.– pour un enfant. S’y ajoute une contribution de CHF 15.– par jour d’hospitalisation avec nuitée, dont les enfants et les jeunes en formation jusqu’à 25 ans sont exonérés.
Jusqu’à quand puis-je résilier mon assurance de base ?
Pour un changement au 1er janvier, la résiliation doit parvenir à votre caisse au plus tard le 30 novembre. C’est la date de réception qui compte, pas celle de l’envoi. Un changement au 1er juillet est possible dans certains cas, notamment avec la franchise ordinaire et le modèle standard, avec un préavis reçu au 31 mars. Vos primes et frais éventuels doivent être payés.
Quand puis-je résilier une complémentaire LCA ?
Cela dépend de votre contrat. Depuis la révision de la LCA entrée en vigueur le 1er janvier 2022, vous disposez d’un droit de révocation de quatorze jours après la conclusion (art. 2a LCA) et d’un droit de résiliation ordinaire au terme de la troisième année de contrat, puis à chaque échéance annuelle (art. 35a LCA), dans le respect du préavis prévu. Les conditions générales de votre police restent la référence à consulter.
Le subside cantonal couvre-t-il aussi les complémentaires ?
Non. La réduction cantonale de primes ne porte que sur la prime de l’assurance de base LAMal. Aucune prime de complémentaire n’est subventionnée. Les conditions de revenu et les montants varient d’un canton à l’autre et sont réexaminés chaque année.
Les primes de complémentaire sont-elles déductibles des impôts ?
Les primes d’assurance maladie, de base comme complémentaires, entrent dans la déduction pour primes d’assurance prévue par le droit fédéral et cantonal. Cette déduction est toutefois forfaitaire et plafonnée, si bien que de nombreux contribuables atteignent déjà le plafond avec la seule prime LAMal. Il est prudent de vérifier le plafond applicable dans votre canton avant d’en faire un argument de décision.
Qui surveille les assureurs pour la LAMal et pour la LCA ?
L’OFSP surveille l’assurance obligatoire des soins et approuve les primes de l’assurance de base. La FINMA surveille les assureurs privés et donc les complémentaires. En cas de désaccord, un litige LAMal relève du droit des assurances sociales et du tribunal cantonal des assurances, alors qu’un litige LCA relève du droit civil. L’ombudsman de l’assurance-maladie propose une médiation gratuite dans les deux cas.
Je viens d’arriver en Suisse : dans quel ordre m’assurer ?
Commencez par l’assurance de base, obligatoire, à souscrire dans les trois mois suivant la prise de domicile, avec effet rétroactif à la date d’arrivée. Examinez ensuite les complémentaires, qui dépendent de votre état de santé et qu’il est donc préférable de demander tôt. Traiter les deux dans cet ordre évite de se retrouver sans couverture de base dans l’attente d’une réponse sur une complémentaire.
Notre méthode d’analyse et sources utilisées
Les principes d’affiliation, d’admission et de résiliation ont été contrôlés sur la LAMal (RS 832.10) et la LCA (RS 221.229.1), y compris les articles issus de la révision entrée en vigueur le 1er janvier 2022.
Prime moyenne, paliers de franchise, quote-part, plafonds annuels et contribution hospitalière ont été relevés sur les publications officielles de l’Office fédéral de la santé publique et sur le comparateur Priminfo de la Confédération.
Le traitement fiscal des primes et la logique des réductions cantonales ont été recoupés avec les informations de l’AFC et de l’OFAS, les montants exacts restant à vérifier canton par canton.
Les observations pratiques proviennent de l’accompagnement quotidien de particuliers, de familles et d’indépendants en Suisse romande par Christophe Bouin, conseiller diplômé AFA établi à Carouge.
Base ou complémentaire : où se situe votre marge de manœuvre ?
Nous analysons votre couverture actuelle, repérons les doublons entre vos contrats et vous indiquons ce qui peut être optimisé sans mettre en jeu vos protections acquises. Analyse indépendante, sans engagement.
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Conseiller indépendant en assurance et finance, diplômé AFA, FINMA F01395440
Christophe accompagne des particuliers et des familles en Suisse romande dans leurs décisions de prévoyance, d’assurance et de planification financière. Basé à Carouge (Genève), il intervient également dans les cantons de Vaud, Fribourg, Valais et Neuchâtel.
Sources vérifiées : OFSP (bag.admin.ch), Priminfo (priminfo.admin.ch), Fedlex (fedlex.admin.ch), AFC (estv.admin.ch)
